
Les créateurs de logiciels malveillants ne sont pas à l'abri des attaques. Courant juin, un chercheur français a démontré, lors d'une conférence consacrée à la cybersécurité à Singapour, que les logiciels utilisés pour contaminer des sites Internet et infiltrer des PC pouvaient être eux-mêmes victimes de failles de sécurité. En exploitant ces vulnérabilités, il devient possible de neutraliser les sites piégés par des réseaux de hackers et, dans certains cas, de remonter jusqu'aux commanditaires des attaques.
Si les hackers sont vulnérables, c'est qu'ils manquent parfois d'imagination. Ils achètent des kits d'attaque clés en main, vendus plusieurs centaines de dollars au marché noir. Baptisés Eleonore, MPack ou Neon, ces logiciels venus de Russie sont discrètement implantés dans des sites Internet d'entreprises ou d'administrations qui n'éveillent pas les soupçons. Lorsqu'un internaute se connecte à ces sites, les kits analysent la version du navigateur Internet et du système d'exploitation utilisés et exploitent des failles de sécurité non corrigées. Avec Internet Explorer 6, le taux de contamination serait de 60%. Une technique comparable aurait été utilisée par des assaillants venus de Chine pour infiltrer les ordinateurs de Google l'an dernier.
Une fois contaminés par les kits malveillants, les ordinateurs peuvent être contrôlés à distance et rejoindre des réseaux de PC fantômes, qui servent à propager des virus à l'insu de leurs propriétaires. Mais pour gérer et mettre à jour les kits, les hackers doivent se connecter régulièrement à une interface d'administration. C'est là que se situe leurs points faibles, puisque ces logiciels ne sont pas épargnés non plus par les failles de sécurité. En infiltrant ces kits, il devient possible d'espionner les échanges avec les hackers, d'identifier les adresses IP des assaillants, d'effacer les statistiques des ordinateurs contaminés, voire de détruire toutes traces des logiciels malveillants implantés dans les sites Internet. Le chasseur devient le chassé.
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